revue de presse en ligne, réalisée par CAP21

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déléguée régionale PACA : Colette Degeilh

Indice Atmo : vue d'ensemble
Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 22:27

 la position de CAP21 des Bouches du Rhône

 

Le projet de parc photovoltaïque de la Barben (petite commune des BdRh proche de Salon) ne peut pas laisser indifférent.

En tant qu’écologistes nous sommes évidemment fervents partisans de l’énergie solaire, source abondante dans notre région.

Pour réduire au plus vite nos émissions de C02,  CAP21 préconise le développement massif de toutes les énergies renouvelables (et parallèlement la sortie progressive du nucléaire).

Les installations individuelles et collectives de panneaux solaires doivent être complétées par des projets de plus grande envergure – si on veut significativement réduire le recours aux énergies fossiles et au nucléaire.

Or, les conclusions du Grenelle de l’environnement se prononcent contre  l’installation de ces parcs solaires sur des terres agricoles fertiles et les déconseillent dans des espaces naturels « d’intérêt ».

CAP21 préconise, outre l’installation massive sur des bâtiments commerciaux et industriels, la couverture des friches ou anciennes carrières, le bord des autoroutes ou talus de TGV par exemple.

 

Venons- en au projet avancé de la Barben.

La municipalité de la Barben à confié à la société Voltalia la construction et l’exploitation d’un parc de 8 unités de 12 MW chacun,  implantés sur une surface de 172 hectares..

Pourquoi 8 parcs séparés avec 8 permis de construire ? Il s’agit probablement de contourner la limite maximale (de 12 MW justement) de l’obligation de rachat  sur un poste de raccordement EDF. Mais laissons de coté cet aspect réglementaire et administratif,( vous trouverez quelques chiffres intéressants sur le blog de Jaques Taillardat  )  pour nous intéresser au principal problème qui est le lieu d’implantation de ce parc gigantesque. (Rappelons qu’un hectare = 10.000 m2, soit environ 2 terrains de football)

Voltalia veut faire croire qu’il s’agit d’une simple garrigue sans intérêt, or ce n’est pas exact.

Le rapport préalable de la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) démontre l’inexactitude de cette affirmation. Une partie du projet se situe en zone Natura2000, une autre également en ZNIEFF. Faune ou flore,  on y trouve des espèces rares, protégées, jusqu’au couples d’aigles de Bonnelli. 3394774284_7fbf35e9e8.jpg

Le défrichement de cette vaste zone serait un crime contre la biodiversité.

Le rapport du 10.03.2010 de la DREAL est globalement négatif, il pointe des insuffisances dans la constitution du dossier de Voltalia, une certaine mauvaise fois dans la présentation des enjeux et se termine par des conclusions assez claires. (ci-dessous quelques extraits)

Nous nous interrogeons. Comment le préfet peut-il délivrer les permis de construire contre l’avis du service « biodiversité, eau, paysages » de la DREAL qui dépend du ministère de l’écologie et du développement durable ?

CAP21 des Bouches du Rhône soutient clairement l’initiative de la CEEP, de la LPO et d’autres associations de déposer des recours en annulation des permis délivrés.

On ne détruit pas la nature au nom du développement durable !

 

Veuillez trouver ici le communiqué de la CEEP/LPO

Le rapport de 10 pages de la DREAL   ici 

 

Quelques extraits du rapport de la DREAL :

« cette approche ne permet pas de faire apparaître les enjeux du projet »

« une étude d’impact doit aussi comporter un résumé non technique ; celui-ci n’est pas joint au dossier »

« plusieurs points réglementaires sont inexacts »

« L’arrêté fixant la liste des oiseaux protégés n’est plus celui de 1981, mais celui du 29.10.2009, qui étend la protection des oiseaux à leurs habitats »

« l’analyse paysagère reste insuffisante »

« le projet n’évoque pas l’existence de la DTA (directive territoriale d’aménagement) »

« globalement, les impacts du projet semblent minorés sur l’ensemble des thèmes et particulièrement sur le milieu naturel »

« la  justification du projet n’est pas présente dans l’étude »

«  si l’intérêt majeur du développement photovoltaïque ne fait pas de doute, sa justification sur ce site ainsi que l’absence de menace sur la conservation des espèces ne sont pas démontrés »

« cet habillage paysager n’est pas convaincant et viendrait même renforcer la dénaturation du site ; ces mesures affichent un cout de 1 millions d’Euros, dont 600.000 Euros d’eau dans une région ou l’eau est rare … »

Etc etc et des bien meilleures à découvrir dans le document 

 

Par cap 21 . 13 - Publié dans : dossiers, prises de positions
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Commentaires

Je pense que vous devriez d'avantage vous renseigner sur la teneur du dossier plutôt que de rapporter des propos malheureusement inexacts.

L'avis de la DREAL n'est que consultatif.
Ce n'est que l'avis d'UN fonctionnaire.
Ce n'est ni l'avis d'une commission, ni l'avis d'un collectif d'experts.
Le Préfet, après avoir collecté tous les avis (Celui du commissaire-enquêteur, des habitants, du maire, des élus municipaux, du fonctionnaire de la DREAL, des 19 autres administrations SDAP, DDEA, CDNPS, etc) prend sa décision.
Nous ne vivons pas dans un Kolkhoze, les avis sont plurielles.

Au vu de la législation, des directives ministérielles, du projet soumis, et du dossier d'enquête (c'est à dire l'avis des différents intervenants), le préfet a autorisé le permis de construire.

Alors bon, les choses ne sont pas aussi simplistes que ce que vous présentez

Pour marquer votre opposition à ce projet, vous ne présentez que deux arguments:

- Des espèces menacées (papillon, etc) vivent dans la région. Mais si vous aviez lu le dossier d'enquête, tel que j'ai pu le faire en Mairie, vous sauriez que le projet ne les menaces pas. Tout est fait pour l'éviter.

- Le défrichement serait un "crime contre la biodiversité", et le projet serait pris sur la nature.
Encore une fois, si vous aviez lu le dossier vous sauriez que si le projet fait environ 170 hectares et bordent une ligne TGV, la société et la mairie propose en contrepartie de redonner 150 hectares à la nature en rachetant des terrains qui bordent la zone naturelle et qui sont peu propice à l'agriculture. Bref la nature perd des terres bordant une ligne TGV, mais gagne des terres qui sont bien plus propices à la biodiversité.

Pour en revenir au recours déposé contre ce projet, vous citez la LPO et la CEEP.
Etrangement vous ne faites pas mention du Collectif Clarency qui est en vérité le principal meneur de ce recours et qui a contacté la LPO et la CEEP pour donner du crédit à son attaque contre la décision du préfet.

Le collectif Clarency est connu en PACA, bien qu'il ne soit pas originaire de la région, pour être une association hystérique qui porte un frein considérable au développement de la région en déposant des recours systématiques contre TOUS les projets industriels qui sont déposés en préfecture: que ce soient la déchèterie, la cimenterie, le photovoltaique, l'assainissement des eaux, etc.
Cela provoque des ralentissements de plusieurs mois, voir parfois plusieurs années dans la mise en oeuvre de ces projets.
Cette association a lancé une véritable guérilla à l'encontre de la préfecture en accumulant les recours, profitant d'une faiblesse juridique qui permet de recourir contre tout et n'importe quoi.

Enfin bref, CAP21 ne brille pas en s'opposant à un projet comme celui de la Barben
Commentaire n°1 posté par Marc M. le 01/12/2010 à 00h40
Je soutiens pleinement la position de CAP21, comme celle du CEEP et de la LPO. Opposée au nucléaire, le photovoltaïque est à développer, mais pas s'il doit sacrifier la biodiversité.
La lecture du rapport de la DREAL, édifiante, montre clairement que les impacts du projet sur l'environnement seront considérables.
Rappelons que sur les 30 couples d'Aigle de Bonelli, espèce en danger d'extinction, 11 vivent dans les Bouches-du-Rhône, et 3 utilisent ce site ! Hors, l'implantation de cette usine risque fort de les en déloger.
Si cet espace a été classé en site Natura 2000 en ZNIEFF, c'est bien qu'il représente un intérêt majeur pour la biodiversité, il est d'ailleurs situé dans la Zone de Protection Spéciale "Garrigues de Lançon et chaînes alentour".

De plus, ce rapport précise que ce projet aura un impact notable sur le paysage, et qu'ainsi l'atteinte aux paysages naturels, identitaires et patrimoniaux - d'intérêt général - est très importante.

On est effectivement en droit de se demander comment des permis de construire peuvent être accordés sur une zone Natura 2000, ZNIEFF et contre l'avis de la DREAL, autorité environnementale compétente.
Et je pense que plus que soutenir l'initiative du CEEP et de la LPO, CAP 21 devrait à son tour faire un recours de ce type ; plus il y a de recours plus cela a de chances d'aboutir.

Pour répondre à Marc M., l'avis de la DREAL se base notamment sur des études menées par la LPO, et les habitants ayant donné leur avis n'ont probablement pas été informés de la présence d'espèces menacées sur ce site, et de l'ampleur des impacts environnementaux de celui-ci.
Cette zone présente véritablement des enjeux forts pour le maintien de la biodiversité. Et consommer plus de 170 hectares de l'aire vitale de l'aigle de Bonelli risque fort d'avoir des impacts sur la conservation de l'espèce, alors qu'il y a un site de nidification quelques kilomètres plus au nord.
Commentaire n°2 posté par fauchille le 01/12/2010 à 16h12
Je suis un habitant de Draguignan, donc juste à coté de La Barben. Ma mère habite La Barben. Et nous avons bien évidemment été consulté et nous donnant toutes les informations.
Le dossier complet, avec les avis des différentes administrations, l'étude d'impact, et les expertises étaient consultables par tous à la Mairie. Plus de 400 pages.
Et croyez bien que nous avons lu avec attention car nous sommes attaché à notre patrimoine.
Et ce que vous racontez est faux, heureusement.

Au niveau du paysage, le parc borderait la ligne TGV et la route qui la croise. Le tout étant sur un terrain plat bordé, il n'y a aucune visibilité.
On est bien loin de l'image de ces parcs au nord du pays dans des endroits vallonnés qui se voient à 20 km à la ronde.

De plus tout semble avoir été fait pour permettre une cohabitation avec la nature, je pense notamment aux insectes et aux petits gibiers, en surélevant les panneaux d'un mètre et en les espaçant.

Quant aux aigles de Bonneli, on compte 2 couples qui survolent la zone (de 11.000 hectares) et qui nichent dans les "montagnes" à plusieurs dizaines de kilomètres au nord.
Personnellement depuis la ligne TGV, je ne les ai JAMAIS vu à l'endroit ou l'on veut faire le parc, c'est à dire le long des rails et de la route. Bien au contraire, je me dis que ce parc faisant barrage au bruit des trains et des voitures, les aigles reviendront peut-etre directement chassé sur la zone (et non pas seulement la survoler de loin de manière occasionnelle)

Et comme je l'ai dis, la commune s'engage a rendre 150 hectares à la zone naturelle pour éviter un grignotement.

Alors je préfère 1000 fois ce projet plutôt que celui de la construction d'une centrale au gaz du coté de Marseille.

Enfin bon, comme d'habitude ce sont des gens de l'extérieur, toujours les mêmes, qui viennent jouer les contestataires sans même savoir de quoi il retourne vraiment.
Nous, sur place, nous soutenons ce projet qui devrait apporter des emplois et des revenus à notre région.
Commentaire n°3 posté par Marc M. le 01/12/2010 à 21h24
Bonjour Monsieur M.
Fauchille vous a déjà repondu sur certains points.
Non, notre position n'est pas simpliste, elle est simple.
Bien sur que nous connaissons le dossier et bien sur nous savons que l'avis de la DREAL n'est que consultatif.
Mais cela n'empeche pas que nous préferons "l'avis de l'autorité environnementale" , peu importe le nombre de fonctionnaires qui ont travaillé dessus. L'avis des conseillers municipaux, dans un projet comme celui-ci, qui dépasse l'interet strictement local, nous importe moins, car il peut etre guidé par l'envie de construire quelques terrains de tennis supplémentaires.
L'avis de la DREAL se fonde également sur les études de la LPO, dont laquelle vous ne pouvez nier la compétence.
Nous n'avons pas mentionnés les papillons, mais donné l'aigle de Bonelli en exemple, vous ne pouvez pas ignorer l'énumération des espèces touchées faite par la CEEP.
Sur la soi-disante compensation: en Natura 2000 on ne compense pas, sauf "interèt général majeur". Le défrichement se fera sur une profondeur de 30 cm, autrement dit il détruira toute vie du sol.
Nous n'entrerons pas ici dans une polémique sur le charactère "radical" de telle ou telle association.
Pour fauchille: les partis politiques n'entrent pas dans le jeu juridique, cela n'est pas leur rôle. Nous pouvons dénoncer ou proposer, en attendant d'avoir des élus plus responsables que ceux qui sont en place ....
Tous les avis sont autorisés, mais le notre aussi. Nous trouvons ce projet dommageable, point.
Achim Gertz, délégué CAP21.13
Commentaire n°4 posté par Achim le 02/12/2010 à 19h02
Effectivement l'énergie solaire ne doit pas être un prétexte pour détruire des zones protégées. Ce serait vraiment le comble de retrouver l'énergie photovoltaique comme une source de nuisances écologiques. Ceci s'opposerait au concept même de développement durable !! Malgré le projet très intéressant et ambitieux de Voltalia, il est important qu'ils revoient leur objectifs en la matière.
Commentaire n°5 posté par Panneaux solaires le 10/12/2010 à 08h43
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